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samedi 24 février 2018

L’Ecole 42 traverse la Méditerranée et débarque en Tunisie


Emmanuel Macron est en Tunisie pour une visite d’Etat de deux jours centrée sur les questions économique et sociale. Accompagné d’une délégation d’entrepreneurs comprenant notamment le PDG d’Orange, Stéphane Richard et Xavier Niel le fondateur de Free, le président de la République participe aujourd’hui à la première édition du Forum Tunisie-France, sur le thème "Réussir ensemble aujourd’hui et demain".

Hier, Emmanuel Macron a annoncé toute une série d’initiatives avec par exemple la mise en place d’une "université franco-tunisienne pour l’Afrique et la Méditerranée", un prêt souverain et la conversion de 30 millions d’euros de dettes en projets de développement.

Parmi ces annonces, il y a aussi la création d’un fonds de “soutien au développement, à l’entreprise et aux initiatives de la jeunesse” de 50 millions d’euros qui s’intègre dans le cadre du plan d’aide à la Tunisie qui prévoyait 1,2 milliard d’euros d’aides débloquée entre 2016 et 2020. Ce fonds de soutien, annoncé comme un “plan d’urgence”, doit permettre de lutter contre le chômage des jeunes diplômés (35% dans le pays). 

Il financera notamment les cours dispensés dans une "antenne" de l’Ecole 42 sur le sol tunisien qui proposera des formations aux métiers du numérique. Pour l’instant, les financements sont là mais “il faut trouver le bâtiment”. Comme le rapporte le journaliste au service politique du quotidien Le Monde, Cédric Pietralunga, ce n’est pas une nouvelle école, mais plutôt une extension de l’Ecole 42 “L’Elysée précise que des profs de l’Ecole 42 viendront donner des cours en Tunisie et qu’il ne s’agit pas de l’ouverture d’une école à proprement parler”.

Pour rappel, lors de la visite de "travail et d’amitié" du président de la République en Algérie, Xavier Niel avait également accompagné Emmanuel Macron et la création d’une petite sœur de l’Ecole 

Par Tristan Peyrotty - Source de l'article Universfreebox

29ème anniversaire de la création de l’Union maghrébine : un bilan mitigé (contribution)


Espace géostratégique, pont entre l’Europe et l’Afrique, le Grand Maghreb est en récession économique avec des tensions sociales à l’horizon 2020.

Espace géostratégique, pont entre l’Europe et l’Afrique, le Grand Maghreb est en récession économique avec des tensions sociales à l’horizon 2020, selon les derniers rapports du FMI, en cas de non redressement socio-économique. Or, le 17 février 2018, l'Union du Maghreb arabe (UMA) fête son 29e anniversaire. Pourquoi je suis un défenseur de la construction du grand Maghreb sous segment de l’Afrique ? 
 L’idée remonte à très loin, lors de l’élaboration de ma thèse de doctorat d’Etat en sciences économiques soutenue en 1974. Mais le déclic a été ma conférence au siège de l’Unesco à Paris en 1992 où, à l’invitation de Pierre Moussa, grand ami de l’Afrique qui avait initié une rencontre internationale présidée par l’ex-président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki en présence de nombreux amis maghrébins notamment marocains et tunisiens, sous le thème «l’Europe et l’Afrique», thème que j’ai développé par la suite dans une conférence au siège du Ministère des Affaires Etrangères devant les ambassadeurs accrédités à Alger ( ronéotypé recueil MAE 1995). 
Je suis intervenu à l’époque sur le thème « l’Afrique et les enjeux de la stratégie euro-méditerranéenne». Plus récemment, entre 2011 et 2016 plusieurs publications sur ce thème (IFRI, Paris, France, 8e think tank mondial) ainsi que sous ma direction ainsi que de celle du Dr Camille Sari, enseignant à la Sorbonne, regroupant 36 experts algériens-marocains-tunisiens-mauritaniens, libyens et 10 experts internationaux européens de différents horizons (politologues, juristes-économistes-sociologues et experts militaires) nous avons publié en 2015 en deux tomes un ouvrage collectif intitulé «le Maghreb face aux enjeux géostratégiques» (1).


1.-Le Maghreb correspond à l'Afrique du Nord-Ouest, délimitée au Nord par la Méditerranée et au Sud par le Sahara. La superficie totale de l'UMA est de 5.8 millions km2 représentant 4,3 % de la superficie mondiale et dépassant de près de 80% la superficie de l'Union européenne. 
En 2016, l’Algérie a un produit intérieur brut (source Banque mondiale) de 156,1milliards de dollars , le Maroc 101,4 milliards de dollars, la Tunisie 42,0 milliards de dollars , la Mauritanie 4,6 milliards de dollars, et la Libye 34,7 milliards de dollars donnant un total de 338,8 milliards de dollars. Le PIB est en régression en référence au dollar par rapport à 2015 ou le PIB global dépassait 400 milliards de dollars alors que le PIB mondial pour 2016 est estimé à 75 544 milliards, pour une population mondiale ayant franchi le cap des 7,442 milliards.   
Pour la population 2016 au 01 janvier 2016, elle est de 40,4 millions d'habitants pour l'Algérie, 34,7 pour le Maroc, 10,9 pour la Tunisie, 6,2 pour la Libye et 3,6 millions d'habitants pour la Mauritanie soit au total près de 96 millions d'habitants. Force est de constater que depuis sa création, l'UMA malgré toutes les résolutions et les discours politiques, n'arrive toujours pas à se concrétiser et le bilan est très mitigé. Ainsi, chaque pays de la région procède dans la gestion de ses relations extérieures avec les divers pays et blocs, en l'absence d'une coordination avec les autres pays de la région. 
Certains pays du Maghreb tentent d'assurer leurs propres intérêts et réaliser des acquis au détriment des autres pays maghrébins, alors que les autres blocs tels que l'Union européenne négocient en groupe leur partenariat avec ces pays (ceux du Maghreb) séparés. Cela fait que les rapports deviennent déséquilibrés. Les peuples de la région paient l'incapacité des élites à concevoir un projet commun. Alors que le monde connaît des bouleversements sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale (1945), le Maghreb reste aux abonnés absents. 
Le constat est donc très mitigé, des échanges intermaghrébines d'environ 3% Un rapport de la Banque mondiale 2009 souligne que l'intégration maghrébine pourrait permettre une croissance du Maghreb de plus de 3/4% du PIB par an gagnant ainsi plusieurs points qui auront une répercussion positive sur la création d'emplois et donc sur le niveau du taux de chômage. Alors on pourrait imaginer les importantes économies d'échelle, les gains de productivité si l'intégration maghrébine pouvait se réaliser. L'UMA a perdu plus de la moitié de son poids économique dans le monde entre 1980 et 2017, ses exportations qui représentaient environ 2% des exportations mondiales en 1980, contre moins de 0,50% en 2017. 
Une étude réalisée par le Secrétariat de l'Union du Maghreb arabe (UMA) montre que la non 'intégration économique dans la région lui fait perdre plusieurs dizaines milliards de dollars US en investissement dont les IDE et des centaines de milliers d'emplois dans une zone constituée de plusieurs millions de chômeurs qui constituent. Uniquement pour le secteur électrique, il pourrait économiser près de 25% de sa production si les centrales électriques maghrébines étaient intégrées

2.-Le Maghreb est confronté à l'émergence d'une économie et d'une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l'empire soviétique, remettent en cause d'une part la capacité des Etats-nations à faire face à ces bouleversements et d'autre part les institutions internationales héritées de l'après-guerre. 
Pièce maîtresse dans la région euro-méditerranéenne, le Maghreb est sollicitée par l'Union européenne par les USA et la Chine dans le cadre d'une compétition entre ces trois pôles, en fait de deux pôles n'existant pas de divergences stratégiques USA/Europe, dans leur recherche d'une hégémonie économique. Trois pays de l'UMA, le Maroc, la Tunisie et l'Algérie ont signé des accords « euro méditerranéens d'association » allant bien au-delà de la simple libéralisation des échanges telle qu'initiée dès la fin des années 1960 dans le cadre des premiers accords commerciaux euromaghrébins. 
Force est de reconnaître que les résultats de cet Accord d'association sont mitigés. Mais depuis nous avons une nouvelle donnée qui est celle de l'Union pour la Méditerranée qui tend à être supplantée actuellement par le sommet des 5+5 qui inscrit comme priorité la coopération économique et l'intégration maghrébine. Ce principe de l'intégration économique (par le marché) des pays du Maghreb, l'idée est venue au cours des deux conférences des Ministres de l'Economie du Maghreb, la première le 26 septembre 1964 et la seconde le 26 novembre de la même année à Tanger (Maroc) 
Ces deux conférences ont abouti à la création du Comité permanent consultatif maghrébin (CPCM) ; chargé d'étudier l'ensemble des problèmes afférents à la coopération économique dans le Maghreb. Après trois années de tâtonnements, la problématique communautaire maghrébine se précise et en 1967. Le CPCM produit un rapport dans lequel trois types de solutions sont avancées dans la perspective intégrationniste. 
Il dégage trois types de solutions possibles. La solution maximum qui impliquerait la signature d'un traité instituant l'Union économique maghrébine sur le modèle du traité de Rome avec fixation d'un calendrier relatif à l'élimination des droits de douanes et des restrictions contingentaires, établissement d'un tarif extérieur commun, harmonisation des politiques économique, fiscales, monétaires et enfin mise en place d'institutions communes dotées de pouvoir de décisions. La solution minimum qui ferait de la création progressive d'une union économique une simple déclaration d'intention, les seuls engagements juridiques se limitant à la participation périodique à des négociations sur les concessions tarifaires ou sur les choix des lieux d'implantation d'industries nouvelles. 
La solution intermédiaire qui est fondée sur l'interaction entre la libéralisation commerciale et l'harmonisation industrielle. Cette solution devrait couvrir une période de 5 ans au cours de laquelle les pays maghrébins s'engageraient : à des réductions linéaires (10 % par exemple par an) des droits de douanes et des restrictions quantitatives frappant les produits échangés, à l'établissement d'une liste d'industries à agréer et dont les produits seraient assurés de la libre circulation et de la franchise sur le marché maghrébin, à la création d'une Banque maghrébine d'intégration pour financer les projets d'intérêt commun et favoriser cette industrialisation simultanée et équitable, à l'institution éventuelle d'une union des paiements et enfin à l'harmonisation de leurs politiques commerciales à l'égard des pays tiers pour ne pas compromettre plus tard l'institution d'un tarif extérieur commun.

3.-L'intégration économique consolidée du Maghreb est conçue, du moins dans les textes a trois objectifs stratégiques : premièrement, tirer un meilleur parti ou bénéfice des ressources complémentaires des différents pays ; deuxièmement, créer un marché de taille plus vaste susceptible d'entraîner de significatives économies d'échelle, indispensable dans un univers de compétitivité économique ouverte ; troisièmement, créer un climat économique plus favorable au Maghreb dans les échanges économiques internationaux. 
La mise en œuvre de l'intégration renforcée devait passer par les quatre conditions suivantes : premièrement, le contrôle renforcé de la croissance démographique au delà des évolutions "naturelles" ; deuxièmement, la reconquête des marchés intérieurs sur les produits intermédiaires où le Maghreb dispose, simultanément des ressources naturelles, des ressources énergétiques, des ressources humaines et des compétences technologiques, des capacités de financement; troisièmement, la spécialisation des pays dans les secteurs d'activités où ils disposent d'un avantage "naturel", du fait de leurs ressources, de leur situation géographique ou de leur capacité de financement, avec un souci affiché d'équilibrer les développements économiques entre régions ; quatrièmement, l’harmonisation progressive des modes de vie et des spécifications technique des équipements et des produits. 
Il existe des atouts pour concrétiser ces objectifs, atouts susceptibles de leur permettre d'enclencher, assez rapidement, de fortes croissances de leurs économies analogues à celles observées dans d'autres régions du monde, notamment en Asie. 
Parmi ces avantages on peut citer : une population jeune éduquée et en pleine expansion, sur un vaste territoire ; une homogénéité culturelle que renforce l'unité linguistique; l'existence d'une élite importante et de qualité; des moyens financiers appréciables - même en situation de crise - qui placent la région en position confortable par rapport aux autres régions en développement; un potentiel énergétique, industriel et agricole prometteur, même s'il est inégalement réparti; la proximité de l'énorme marché européen et africain; la disponibilité de la communauté internationale et spécialement de l'Union européenne et les USA pour soutenir les gouvernements de la région (aides financières, délocalisations industrielles, ouverture des marchés, etc.).

4.-Globalement outre une meilleure gouvernance passant par la démocratisation des sociétés maghrébines, tenant compte de leur anthropologie culturelle, sur le plan économique s'impose une nouvelle culture pour inculquer l'esprit d'entreprise afin d'intégrer la sphère informelle qui occupe plus de 50% de la superficie économique des pays du Maghreb et libérer l'ensemble des énergies créatrices loin des entraves bureaucratiques. Au niveau des pays du Maghreb notamment, cela passe par la coordination des politiques monétaires, commerciales, fiscales, douanières, Il y a lieu d'accorder une attention particulière à l'action éducative car l'homme pensant et créateur devra être à l'avenir le bénéficiaire et l'acteur principal du processus de développement. C'est pourquoi nous préconisons la création d'une université maghrébine ainsi qu'un centre culturel de la jeunesse méditerranéenne comme moyen de fécondation réciproque des cultures, et la concrétisation du dialogue soutenu pour éviter les préjugés et les conflits sources de tensions inutiles. 
Dans ce cadre l'émigration maghrébine ciment des liens culturels peut être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C'est un élément essentiel de ce rapprochement du fait qu'elle recèle d'importantes potentialités humaines, économiques et financières. Elle peut contribuer par des actions concrètes de promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche "coopération" avec l'Europe qui pourrait être mieux perçue par l'interlocuteur maghrébin qu'une approche purement commerciale. Le chemin de la croissance ne peut être retrouvé que pour autant que l'appareil productif est modernisé et managé selon les techniques actuelles. 
Deux conditions qui ne peuvent être remplies que si le Maghreb se met en partenariat avec des firmes qui participent à l'innovation. Pour que de telles firmes s'intéressent au Maghreb, il s'agit d'acquérir la crédibilité sur le plan institutionnel et politique, donc aller vers l'intégration, et offrir un Etat de droit , évitant l'instabilité juridique, une cohérence et une visibilité économique qui autorisent le calcul économique. 
 C'est donc dans ce contexte que doit s'insérer la compréhension de la dynamique économique et sociale tenant compte tant de la stratégie des réseaux internes et externes ainsi que de l'urgence de nouvelles structures pour placer le Maghreb comme vecteur actif au sein de l'économie mondiale. Devant laisser de coté les problèmes politiques pour l'instant, l'on peut faire avancer cette intégration par des synergies cultuelles et économiques comme cela s'est passé entre l'Allemagne et la France grâce au programme Schumann du charbon et de l'acier. 
A l'avenir, il y a lieu de penser à dynamiser la banque maghrébine d'investissement, la création d'une monnaie maghrébine conditionnée par la résolution de la distorsion des taux de change, la création dune banque centrale maghrébine et également penser la création une bourse maghrébine qui devrait s'insérer horizon 2020 au sein du projet de création de la bourse euro-méditerranéenne

5.-En résumé, la stabilité de l'ensemble de la région, notamment au Sahel, suppose une entente régionale et une coopération active avec l'ensemble de la communauté internationale, car le terrorisme est une menace planétaire ( voir notre interview 28/12/2016 à l’American Herald Tribune USA) . 
L'objectif stratégique pour les maghrébins est de se rassembler et non de se diviser, de réaliser ce vieux rêve d'intégration du Maghreb, afin d'éviter la marginalisation de cet espace stratégique au sein de l'économie mondiale. 
La dynamisation des relations entre les pays du Maghreb ne sera possible que si les dirigeants ont une vision commune du devenir commun de leur population et des enjeux géostratégiques mondiaux, afin de peser dans les grandes décisions internationales, les micros Etats en ce XXIème siècle n'ayant que peu d'impacts. Certes, c'est encore un rêve, mais il est possible de le réaliser, tous ensemble, en dépassant les divergences conjoncturelles. Les défis sont nombreux et les obstacles ne sont pas à négliger mais la société civile, les entrepreneurs ont un rôle stratégique à jouer pour dépassionner les relations. 

Par Abderrahmane Mebtoul -Source de l'article Maghrebemergent 

(1)-Voir deux contributions du professeur Abderrahmane Mebtoul « Institution de renommée mondiale - Institut des relations internationales IFRI « les relations Europe/Maghreb face aux enjeux géostratégiques » novembre 2011 « le Maghreb face au poids de la sphère informelle, Paris Décembre 2013 - ouvrage collectif sous la direction du Pr A. Mebtoul et du Dr Camille Sari avec la collaboration de 36 spécialistes (algériens, marocains, tunisiens , mauritaniens, libyens et européens ) dont des économistes, des sociologues, des politologues, des anthropologues, des experts militaires, et juristes «quel avenir pour le Maghreb face aux mutations géostratégiques » paru aux Editions Harmattan Paris France /2015 deux tomes (1050 pages) , l'un volet politique, social et institutionnel, l'autre le volet économique.

Chakib Benmoussa : «La coopération entre le Maroc et l'Occitanie au service du développement»

Chakib Benmoussa, ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc en France, reçu par Jean Michel-Baylet président du Groupe Dépêche./ Photo DDM M. Labonne
Au cours de sa visite à Toulouse, jeudi, son Excellence Chakib Benmoussa, l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc en France, accompagné du consul général à Toulouse Meryem Nagi, a rencontré Carole Delga, la présidente de région, Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, ainsi que Pascal Mailhos, préfet de région. 
Il a été également reçu à la Dépêche du Midi par le PDG du groupe Jean-Michel Baylet. Entretien.
L'industrie aéronautique est un enjeu prioritaire pour le Maroc et l'Occitanie. Votre visite a-t-elle pour objectif de renforcer les coopérations, notamment entre Toulouse et Casablanca, en privilégiant  une approche de co-investissement entre les deux rives de la Méditerranée ?
Oui, car nous sommes convaincus que cette approche est profitable pour chacune des parties. C’est un rapport gagnant-gagnant. L’industrie aéronautique est un marché en forte croissance au sein duquel la concurrence est forte. L’enjeu, pour le Maroc, la France ou la région Occitanie, c’est de développer une compétitivité globale, de permettre aux entreprises de se développer et de créer de l’emploi. Le Maroc a mis en place des leviers pour accompagner ces investissements et créer les conditions de cette compétitivité. 
Ainsi, à Casablanca, des zones ont été spécialement créées pour accueillir des entreprises aéronautiques, et un écosystème favorisant les synergies et les complémentarités entre les opérateurs a été mis en place. Le Maroc a également développé un institut des métiers de l’aéronautique pour répondre aux besoins des compétences de ce secteur; cet institut est géré par des professionnels et donne des résultats très positifs. En 2017, l’activité de la filière aéronautique au Maroc a augmenté de près de 18%.


Lors d'une visite au Maroc en octobre 2017, Carole Delga, à la tête d'une délégation composée de chefs d'entreprise et d'universitaires de la région Occitanie, a noué des partenariats stratégiques avec les régions de Casablanca-Settat, l'Oriental et Fès-Meknès. Peut-on d'ores et déjà faire le bilan de ces coopérations décentralisées ?
Il serait prématuré de faire un bilan. Mais ce que je peux vous dire, c’est que la coopération décentralisée est considérée comme stratégique pour les deux pays comme cela a été indiqué lors de la dernière rencontre à Rabat entre les gouvernements français et marocain. Cette coopération entre l’Occitanie et plusieurs régions du Maroc porte sur les secteurs industriels, agroalimentaires, des nouvelles technologies et des énergies renouvelables, mais elle est aussi institutionnelle puisque Le Maroc est dans une dynamique de décentralisation dans le cadre de ce que l’on appelle la régionalisation avancée. 
Ainsi, lors de la visite de Mme Delga au Maroc, un accord a été  trouvé avec l’association des régions du Maroc pour la formation des cadres et des élus marocains, et renforcer ainsi la capacité des régions à mettre en œuvre leur plan de développement régional. Cette coopération qui concerne aussi des volets culturels ou de sauvegarde du patrimoine est très pertinente car elle est en prise avec la réalité des territoires.


En quoi la problématique du transport ou de la logistique, notamment avec les ports de Tanger et de Sète, représente-t-elle un enjeu de la relation entre le Maroc et la région Occitanie ? 
Ces questions de logistique et de connectivité sont essentielles. Leur efficacité repose sur un accroissement de la compétitivité, de la fiabilité mais aussi sur une  réduction des coûts. Pour ne prendre que l’exemple du port de Tanger Méditerranée, les investissements réalisés vont permettre de tripler la capacité d’accueil des conteneurs et, en même temps, de rendre cette plateforme portuaire plus compétitive. La connectivité, c’est aussi ce qui permet le transport  des passagers. Que ce soit pour le tourisme, ou pour permettre les déplacements de la communauté marocaine installée à l’étranger, des liaisons comme Sète-Tanger répondent à ces besoins à côté des liaisons aériennes qui se sont développés depuis Toulouse ou Montpellier. 
Le Maroc est une porte pour les entreprises françaises et d’Occitanie vers l’Afrique, notamment subsaharienne. L’objectif de votre pays est-il devenu un hub continental raccordant l’Afrique à l’Europe ?
Le Maroc a des liens historiques avec plusieurs pays du continent africain. Au cours des dernières années, le Royaume a déployé une politique africaine très active qui s’est traduite par de multiples déplacements de Sa Majesté le Roi en Afrique et par la signature d’un grand nombre de conventions. Cette dynamique a permis de développer une coopération multidimensionnelle sud-sud et une augmentation des investissements directs du Maroc en Afrique, au point que le Maroc est devenu le 2ème investisseur africain en Afrique et le premier en Afrique de l’ouest. 
Ces investissements ont concerné  les secteurs de la finance, des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, des mines ou les télécommunications. Les banques marocaines sont présentes dans une trentaine de  pays du continent. Elles participent à l’augmentation du taux de bancarisation et à la transformation de l’épargne locale en investissement. Le développement de Casablanca Finance City ces dernières années en a fait la première  place financière africaine. De même que la multiplication des liaisons aériennes à partir de Casablanca fait du Maroc une plate-forme attractive pour de nombreuses entreprises européennes qui s’intéressent à l’Afrique et a son potentiel de développement. 


Un an après votre retour à l’UA, le Maroc a été récemment élu au Conseil de Paix et de Sécurité. Au-delà de son action en faveur du maintien de la paix en Afrique, quelles sont les ambitions du Maroc pour ce continent ?
Les ambitions du Maroc sont d’abord de contribuer à relever les défis du continent et de participer activement à la réalisation des objectifs de développement durable 2030 ou de l’agenda africain 2063. Le Maroc est actif sur les opérations du maintien de la paix et sur les médiations de sortie de crise dans certains pays. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été désigné par ses pairs, rapporteur de l’agenda africain de la migration et a présenté un rapport avec un diagnostic et de nombreuses propositions sur le sujet. 
Sur le plan économique, le Maroc partage l’expérience qui l’a acquise dans sa politique de développement et dans la conduite de ses  réformes avec les autres pays, comme il participe à des projets de Co-développement. Sur le plan de la lutte contre les changements climatiques et en marge de la COP22 qui s’est tenue à Marrakech, de nombreuses initiatives ont été lancées comme celle de l’adaptation de l’agriculture africaine qui concerne une large partie de la population africaine ou comme les projets de l’énergie renouvelable qui répondent à des besoins d’électrification ou d’énergie propre. 
Enfin sur le plan culturel et cultuel, une coopération en matière de formation de jeunes est très active et concerne aussi la fondation des imams afin de lutter contre la radicalisation ou l’instrumentalisation de l’islam à d’autres fins.

Par Serge Bardy - Source de l'article La Dépêche

Automobile : l’allemand Opel veut relier ses usines européennes aux marchés marocain et tunisien


Récemment passé sous le giron du groupe français PSA, le constructeur automobile allemand Opel veut renforcer son ancrage en Afrique. Et c’est au Nord du Continent qu’il envisage exporter très prochainement ses véhicules construits en Europe. Cibles premières : le Maroc et la Tunisie.

Ramener des véhicules fraîchement sortis d'usines européennes sur le marché africain, c'est désormais la nouvelle piste que veut explorer le constructeur allemand Opel. Ce dernier entend exporter prochainement vers le Maroc et la Tunisie, a révélé le PDG d'Opel, Michael Lohscheller, lors d'une interview accordée au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) et parue dans son édition de ce lundi 29 janvier.

Le choix de ces deux marchés en priorité n'est pas fortuit. « Nous y voyons de bonnes opportunités pour nous dans l'ensemble », a déclaré Lohscheller. Racheté par PSA auprès de General Motors en août 2017 pour 1,3 milliard d'euros, Opel, qui entend se déployer davantage sur l'Afrique, veut tirer parti de la présence industrielle sur le Continent de sa nouvelle maison mère. En proie récemment à d'énormes difficultés, le constructeur basé à Russelsheims suit un plan de redressement visant à réorienter la gamme de modèles de la marque vers les plates-formes de production de PSA.

Au Maroc pour mémoire, PSA poursuit la construction de son usine à Kenitra (à 50km de la capitale Rabat) qui devrait entrer en service d'ici 2019 avec une capacité de production maximale de 200.000 unités à 80% destinées à l'export. En Tunisie, le groupe français travaille également à la construction d'une usine d'assemblage de pick-up dont l'entrée en service est prévue pour juin 2018. Ici en revanche, la production sera exclusivement destinée au marché local et ne visera que 1200 unités la première année avant de doubler, voire tripler au gré de la demande.

Autres marchés potentiels

Mais alors que renforcer sa présence directe sur ces marchés où ses véhicules étaient déjà distribués par des partenaires pourraient grignoter des parts aux véhicules de PSA, Opel se veut rassurant. « Il y a des acheteurs qui optent délibérément pour une marque française, et il y a ceux qui choisissent consciemment une marque allemande. Cela vaut pour l'Europe comme pour beaucoup d'autres pays », a déclaré son PDG.

Fondé en 1862 et acquis par General Motors en 1929, Opel, au fil des ans, s'est largement déployé à travers le monde. Depuis qu'il évolue sous la coupole de PSA, le constructeur allemand voit de nouvelles portes s'ouvrir pour un plus grand développement à l'international. Alors que l'Afrique y occupe désormais une place de choix, il ne serait pas étonnant de le voir dupliquer son nouveau modèle d'exportation de véhicules entièrement produits en Europe à destination d'autres marchés africains, en l'occurrence, le Kenya, le Nigeria ou encore l'Ethiopie où PSA détient également des usines s'assemblage.

Source de l'article La Tribune Afrique

La BERD et la Jordanie signent un protocole d’accord pour l’assemblée annuelle de 2018

EU Neighbours South

Le ministre jordanien de la planification et de la coopération internationale, Imad Fakhoury, et le secrétaire général de la BERD, Enzo Quattrociocche, ont signé aujourd’hui un protocole d’accord pour l’organisation des 27e Assemblée annuelle et Forum des entreprises de la Banque, qui se tiendront du 8 au 10 mai 2018 à la mer Morte.

Sous le titre Energising Economies (Énergiser les économies), cet événement sera l’occasion de discuter des défis mondiaux tels que le soutien à la croissance économique, la lutte contre le changement climatique et le renforcement de l’environnement des entreprises dans les régions où la Banque investit.

L’Assemblée annuelle de la BERD est un événement unique en son genre, réunissant environ 2 000 participants, dont des représentants des gouvernements, des gens d’affaires, des décideurs politiques, des universitaires et des leaders d’opinion. Outre la réunion du Conseil des gouverneurs, la manifestation accueillera divers événements parallèles, tels que le Forum des entreprises (y compris une session sur les perspectives d’investissement du pays hôte), un programme pour les organisations de la société civile et l’Assemblée annuelle des donateurs.

Il s’agira de la première Assemblée annuelle de la BERD dans la nouvelle région d'activité de la Banque, la Méditerranée méridionale et orientale (SEMED), dans laquelle la Jordanie est un centre d’affaires de premier plan. La Jordanie a rejoint la BERD en 2011 et est devenue un pays d’opérations en 2012.

Le ministre Fakhoury a déclaré : « La Jordanie est fière d’être le premier pays de la région SEMED à accueillir l’Assemblée annuelle de la BERD. L’organisation de cet évènement en Jordanie est également l’occasion de faire la lumière sur les opportunités que le pays peut offrir ainsi que sur le modèle de résilience que la Jordanie a établi au cours des dernières années, malgré les défis régionaux. Le travail mené par la Jordanie avec la BERD a été un véritable partenariat et une réussite. Le portefeuille de la Banque dans ce pays a dépassé 1 milliard de dollars, dont 88 % dans le secteur privé, et nous disposons d’un portefeuille très prometteur dans des secteurs clés tels que les transports, les énergies renouvelables et l’eau ».

M. Quattrociocche, secrétaire général de la BERD, a ajouté : « L’Assemblée annuelle de la BERD est la réunion annuelle des actionnaires de la Banque et est l’occasion de démontrer notre engagement envers nos pays d’opérations et de dynamiser leurs économies. Nous nous réjouissons de venir en Jordanie pour intensifier notre travail avec le pays et la région. »

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L’UpM et l’OMS s’engagent à promouvoir la prévention et le dépistage de certains cancers

EU Neighbours South

Dans le cadre de l’agenda UpM en faveur de l’autonomisation des femmes, l’Union pour la Méditerranée (UpM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’engagent à promouvoir la prévention et le dépistage précoce du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein grâce au projet « Droit des femmes à la santé (WoRTH) ». 

Ce projet, mis en œuvre par le Centre pour la prévention du cancer du Piémont (Centro di Riferimento per l’Epidemiologia e la Prevenzione Oncologica in Piemonte), en Italie, en tant que Centre Collaborateur OMS pour le diagnostic et le dépistage précoces du cancer (CPO/WHOCC), vise à soutenir les États membres de l’UpM dans le développement de programmes nationaux pour accroître l’accès aux services permettant la prévention et le suivi des cancers féminins tels que le cancer du col de l’utérus et le cancer du sein. 
Le Maroc, l’Albanie et le Monténégro ont déjà commencé avec des projets pilotes nationaux. Dans le cadre de ce projet, plus de 45 000 femmes défavorisées (âgées de 25 à 65 ans) devront passer des tests de dépistage du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein et être sensibilisées aux risques et à l’importance de la prévention de ces types de cancers. Plus de 300 professionnels de la santé et d’autres acteurs pertinents impliqués dans des programmes de détection/dépistage précoce seront formés.

« Le cancer nous affecte tous de différentes manières. Conjuguer les efforts au niveau global aussi bien que régional et mobiliser les réseaux en vue de partager les connaissances et les expériences est essentiel pour prévenir le cancer du col de l’utérus et le cancer du sein. L’UpM est déterminée à créer des synergies dans le domaine de l’autonomisation des femmes, notamment en matière d’accès à la santé, afin de faciliter le dialogue et la coopération et de promouvoir des projets spécifiques dans la région, tels que le projet WoRTH », a déclaré Laurence Païs, Secrétaire générale adjointe pour les affaires civiles et sociales de l’UpM.

L’UpM joindra ses efforts à ceux de l’Organisation mondiale de la santé, du CPO/WHOCC et du ministère de la santé marocain afin de promouvoir le droit des femmes au dépistage du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein à l’occasion d’un atelier de travail régional qui aura lieu le 5 avril 2018 à Marrakech, dans le cadre de la Conférence de la société de recherche panarabe d’oncologie gynécologique (Conference of the Pan-Arabian Research Society of Gynecological Oncology, abrégée PARSGO). 
Une cinquantaine de participants devraient représenter les ministères de la santé des pays méditerranéens, ainsi que des acteurs et experts nationaux, régionaux et internationaux dans le domaine de la prévention du cancer. Cette conférence sera l’occasion de renforcer le réseau de prévention du cancer dans la région, d’identifier des moyens spécifiques pour l’implication des acteurs à l’échelle locale, régionale et internationale, de partager les expériences et meilleures pratiques, ainsi que d’évaluer la possibilité d’intégrer au projet d’autres pays de la région.

Pour en savoir plus
L’Union pour la Méditerranée (UpM) - Site internet

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Le Maroc fera partie des cinq pays d'investissement de la BERD


Le président de la BERD, Suma Chakrabarti a souligné que sa banque est engagée et prête à continuer à soutenir le Maroc.

Le Maroc fera partie des 5 pays d'investissement de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) qui compte ouvrir de nouvelles lignes de crédit en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) au Maroc.

Outre le Maroc, elle envisage de soutenir les domaines prioritaires des gouvernements, notamment la promotion de l'emploi et des PME, en Égypte, Jordanie, Mauritanie et en Tunisie. Dans ce pays, la BERD envisage d'organiser la prochaine édition de son sommet régional d'investissement, en novembre 2019, en tant que pôle émergent de développement et d'investissement.

Au Maroc, la BERD, qui a un bureau à Tanger (nord du pays), inauguré fin septembre 2017 pour appuyer davantage le secteur des PME, souhaite en ouvrir d'autres au cours des 12 ou 15 prochains mois.

Ces bureaux "joueront un rôle essentiel pour dynamiser les activités de la Banque et renforcer les relations de la BERD avec le Maroc et le secteur privé", explique la banque européenne, basée à Londres.

Dans ce sens, elle avait approuvé en début d'année sa stratégie pour le Maroc. Elle vise d'une part, à libérer le potentiel entrepreneurial du pays et à augmenter les financements attribués aux PME par l'intermédiaire de fonds de capital-investissement, et d'autre part, à accorder des lignes de crédit dédiées, assorties d'une assistance technique.

Il faut noter que le Maroc est actionnaire de la BERD depuis 1991. Mais ce n'est qu'en 2011 que le Royaume a demandé à être un pays d'opération, c'est-à-dire un pays où la banque peut intervenir.

Depuis 2012, la banque a commencé ses opérations de financement. Au cours des cinq dernières années, la BERD a investi 1,5 milliard d'euros dans 36 projets au Maroc dont 300 millions durant la seule année 2017. Elle a également soutenu près de 400 petites et moyennes entreprises marocaines. L'économie verte est aussi l'un des autres domaines clefs. Un secteur qui représente 41% des investissements de la BERD.

S'agissant des nouvelles lignes de crédit, la BERD compte ouvrir au Maroc, "les montants à allouer dépendront de la demande des entreprises marocaines privées soient-elles ou publiques". Elle assure que les aspirations d'investissement sont grandes puisque l'organisme souhaite que le Maroc soit classé parmi les 5 premiers pays d'investissement de la BERD. Aujourd'hui, le pays se trouve à la 12ème place en termes d'investissement.

A la veille de sa visite dans le Royaume, le président de la BERD, Suma Chakrabarti a souligné que sa banque est engagée et prête à continuer à soutenir le Maroc et à donner au secteur privé les moyens à même de lui permettre de stimuler la création d'emplois et l'inclusion.

"Le Maroc a bien progressé dans la réforme économique et le développement et nous sommes impatients de contribuer à l'économie du pays avec plus d'investissements", a-t-il dit.

Dans un entretien accordé au journal "Le Matin du Sahara" paru jeudi, le président de la BERD, M. Chakrabarti, a déclaré que le Maroc est "un pays très important, non seulement en tant que pays d'intervention, mais également en tant que porte d'entrée dans une région". "C'est pour cela que nous essayons de faire de notre mieux au Maroc et nous allons faire encore plus en tentant d'être plus présents ", a-t-il expliqué au journal.

Dans une autre interview au quotidien "Aujourd'hui Le Maroc", M. Chakrabarti a affirmé que l'Afrique serait potentiellement la prochaine extension de la BERD avec un leadership du Maroc.

"Le Royaume a réellement une position de leadership", a-t-il souligné, relevant que "plusieurs pays membres de la BERD, dont la Tunisie, l'Egypte et la Jordanie souhaitent que cette institution financière ait plus d'activité en Afrique, notamment dans la région subsaharienne".

Source de l'article Maghrebemergent

Loi sur la protection des données personnelles: La Tunisie est "avant-gardiste" et ne sera pas placée sur liste noire européenne affirme Mehdi Ben Gharbia

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Le ministre tunisien auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme Mehdi Ben Gharbia a affirmé à la radio Shems Fm que la Tunisie est "avant-gardiste" en matière de protection des données personnelles, niant ainsi la probable inscription de la Tunisie sur une liste noire relative à la protection des données personnelles.

"Il y a une loi européenne qui entrera en vigueur en Europe le 25 mai qui concerne la protection des données personnelles. Nous avons signé la convention instaurant cette loi depuis plusieurs mois et nous sommes maintenant en train de travailler sur cette loi" pour l'intégrer au niveau du droit national tunisien a-t-il expliqué.

Pour Mehdi Ben Gharbia, la Tunisie est prête: "Nous allons être le premier pays en dehors de l'espace européen à avoir préparé une loi relative à la protection des données personnelles conformément aux standards européens" a-t-il affirmé ajoutant que la loi sera bientôt présentée à l'Assemblée des représentants du peuple pour adoption.

Les autorités tunisiennes ont travaillé sur cette loi pendant plus d'un an et celle-ci a nécessité de nombreuses concertations sur les plus de 160 articles qui la composent: "Elle sera présentée à l'Assemblée la première semaine du mois de mars. Si le planning est respecté, nous serons le premier pays au monde hors Union Européenne à avoir préparé une telle loi" a-t-il indiqué.

Revenant sur l'éventuel placement de la Tunisie sur une prochaine liste noire, Mehdi Ben Gharbia évoque un non-sens: "Nous serons le premier pays à aller vers l'Union Européenne en présentant notre loi, qui répond aux standards européens. Il n'y aura pas de liste noire" en matière de protection de données personnelles.

L'Instance audiovisuelle, plus forte que la HAICA

Interrogé sur les remous créés par le projet de loi relatif à l’Instance de l’audiovisuel, le ministre a affirmé "respecter tous les avis" indiquant qu'il "existe un accord entre toutes les parties: Il faut une nouvelle loi".

"Aujourd'hui, personne n'est content de la situation du secteur. Cela montre que notre démarche au ministère et au gouvernement en préparant une nouvelle loi pour l'Instance et pour les médias audiovisuels est la bonne" a-t-il expliqué.
"Quand on est arrivé au gouvernement, nous avons trouvé une loi qui était prête. Cette loi ne plaisait pas aux professionnels du secteur. On a donc retravaillé dessus en faisant des consultations"
Revenant sur la teneur de ces consultations, Ben Gharbia affirme que "ce n'est pas parce que quelqu'un donne son avis, que l'on va le prendre en considération à 100%. Notre rôle est d'écouter tout le monde et de présenter un projet de loi qui correspond à la réalité du pays, qui est garant de l'indépendance des médias et de l'Instance".

Le projet de loi sur l'Instance audiovisuelle, qui remplacera la HAICA, est aujourd'hui à l'étude à l'Assemblée des représentants du peuple: "Cette Instance sera une instance constitutionnelle composée de 9 membres qui seront élus à l'Assemblée".

Alors que ce projet de loi est décrié par certains professionnels, le ministre se justifie: "Dans ce projet de loi, on a donné à l'Instance tous les pouvoirs qui existent conformément au décret 116, et on les a même renforcés" a-t-il expliqué.

Le problème aujourd'hui avec les professionnels du secteur se situe au niveau de la composition de l'Instance estime-t-il. Si aujourd'hui la HAICA est composée de personnes nommées par différents intervenants (pouvoir législatif, propriétaires d’entreprises d’information et de communication, organisations professionnelles...), le fait d'avoir élargi la base des candidatures potentielles pose problème selon le ministre.

"Quand une Instance est élue, il faut donner la possibilité de se présenter au plus grand monde" renchérit-il.

Pour rassurer les organisations professionnelles, Mehdi Ben Gharbia explique que le ministère a fait un pas vers eux: "On a décidé de faire en sorte que les trois organisations professionnelles les plus représentatives soient représentées".

Quant à la loi sur la liberté de la communication audiovisuelle, le ministre affirme que le gouvernement a travaillé sur un premier projet, "puis nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas travailler sur ce projet sans intégrer les professionnels du secteur dans nos discussions".

C'est en partant de ce postulat qu'une commission technique regroupant les organisations professionnelles du secteur a été créée.

À la suite d'une réunion sur la composition et le rôle de cette commission technique, la tension est montée entre le Syndicat National des Journalistes Tunisiens et Sami Fehri, patron de la chaîne de télévision El Hiwar Ettouni: "Cela me désole" concède Ben Gharbia.

"La famille médiatique aujourd'hui a les mêmes préoccupations. Il est donc important qu'il y ait un dialogue entre eux (...) Nous n'avons pas invité des chaines ou des personnes, nous avons invités des organisations élues comme les syndicats. Il y a le syndicat national des journalistes tunisiens et il y a aussi le syndicat des patrons de médias (...)" a-t-il expliqué.

"Nos avis personnels sur les uns et les autres, nos différends personnels, ce n'est pas le moment" a-t-il indiqué affirmant que ces tensions ont été dépassées puisque la réunion a eu lieu et qu'un accord a été trouvé sur la composition de la commission technique qui sera en charge de la loi sur la liberté de la communication audiovisuelle.

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a publié, mercredi, un communiqué virulent à l'encontre du patron de la chaîne de télévision El Hiwar Ettouni, Sami Fehri, en l'accusant de répandre à des fausses accusations contre le SNJT, semblables aux "campagnes de Ben Ali et ses sbires contre ceux qui avaient des opinions différentes des leurs".

Selon le syndicat des journalistes, Sami Fehri aurait informé ses employeurs que le SNJT et le syndicat général de l'information rattaché à l'UGTT l'ont viré d'une réunion de concertation sur le projet de loi de la communication audiovisuelle au siège du ministère des Relations avec les instances constitutionnelles, privant ainsi le représentant de la chaîne d'y participer.

Le SNJT a rétorqué que son refus de s’asseoir à une même table avec Sami Fehri pour parler des réformes des médias publics dont la Télévision nationale, est dû aux accusations qui pèsent sur Fehri concernant la spoliation de millions de dinars de l'argent du contribuable lors de sa collaboration avec la télévision tunisienne, et ce à l'aide des gendres de Ben Ali, à savoir,Trabelsi.

Source de l'article Huffpostmaghreb